Exposition "Duo les terres et les toiles" avril 2013

Publié par La Ferme de Corcelle

 

 

Exposition Duo les terres et les toiles, du 20 avril au 1er mai 2013 à La Ferme de Corcelle.

 

 

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Monique Dégluaire, sculpteur et Arlette Pascal, peintre font se rencontrer leurs chemins régulièrement.

Leur première exposition en commun a eu lieu en juin 2010 à la Ferme de Corcelle, elle a été suivie d’une deuxième en 2011 à Charnay les Macon.

Hormis leur plaisir de travailler ensemble et de faire dialoguer peintures et sculptures, le travail de ces deux artistes présente de nombreux points communs : travail sur l’imaginaire qui s’appuie sur la réalité, minutie, exigence, précision du détail, donner à voir au delà de ce qui est montré, travail de la matière…



Arlette Pascal présente un travail intitulé rêves de ville, architectures imaginaires, empilements, dédales, labyrinthes, inspirés de voyages, de ballades dans des villes telles que Lisbonne ou Prague ou les villages perchés d’Andalousie, lieux chargés d’histoire et d’histoires qui donnent à rêver et dans lesquels on peut se perdre avec bonheur.

La recherche sur les matières permet de rentrer doucement dans la peinture, ajouter, effacer, l’espace de la toile laisse transiter les formes et les couleurs, c’est comme un voyage dans le temps et dans l’espace, les oeuvres témoignent de la mémoire qui est une partie de nous même.



La terre ne m’obéit pas

Lorsque j’ai rencontré la terre lors de mes études aux Beaux Arts, je n’imaginais pas qu’elle tiendrait tant de place dans ma vie. Elle s’est imposée immédiatement, sans me demander mon avis et j’ai été obligée de constater qu’elle était le prolongement de moi-même puisque quand j’essayais de l’oublier plus rien n’avait de sens.

Et pourtant, comme elle est difficile, récalcitrante, autoritaire, c’est elle qui décide, elle ne m’obéit jamais, elle a toujours le dernier mot et si j’arrive à la maîtriser c’est le feu qui rentre dans le jeu, et là je ne réponds plus de rien.

Nous avons inventé un langage. Tous ces humains et animaux qui m’habitent sont bien contents de parler sous mes doigts. Souvent étonnés, quelques fois ravis, ils sont chouettes espiègles, rhinocéros amoureux, éléphants triomphants, grenouilles lascives, femmes généreuses, hommes réfléchis. Ils ont vécu, ils sont déterminés et taisent leur fragilité.

Ces animaux qui écrivent mon journal intime en terre, me donne une distance. Ils n’ont pas peur, eux, de se montrer. Les gens se reconnaissent, en tous cas ceux qui ne craignent pas d’accueillir dans leur maison ces êtres immortels en terre cuite.

De temps en temps, on a l’impression de saisir quelque chose, mais ça ne dure pas. Le travail de la terre est une école de l’humilité. Chaque matin, il faut se remettre à l’établi. S’il est une qualité qui est une lacune, c’est d’avoir la capacité d’oublier afin de toujours se laisser surprendre.

C’est ainsi, le travail de la terre n’est jamais abouti, il faudrait plusieurs vies pour en faire le tour.

Je ne sais pas ce que je cherche à travers la terre, l’immortalité peut-être…

Monique Dégluaire

 

Visitez le site de Monique Dégluaire:

www.monique.degluaire.fr

 

 

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